Burkina Faso

Gouvernance minière : Le Réseau Afrique Jeunesse propose une « approche développementale »

Le Faso - Ven, 22/01/2021 - 23:30

Le Réseau Afrique jeunesse (RAJ) a organisé une rencontre de concertation et de plaidoyer avec les Organisations de la société civile (OSC) intervenant dans la gouvernance minière, les 21 et 22 janvier 2021 à Ouagadougou, pour tracer une feuille de route de collaboration.

Cinq ans après son institution, le Fonds minier du développement local (FMDL) présente toujours des limites, constate le Réseau Afrique jeunesse (RAJ). Parmi celles-ci, il y a les divergences de compréhension de son affectation par les acteurs, les limites des collectivités pour la gestion efficiente du fonds et la non-appropriation des mécanismes de fonctionnement du fonds par les comités de suivi.

Pour le RAJ, ces difficultés rencontrées nécessitent le renforcement des capacités des acteurs locaux et des Organisations de la société civile (OSC) autour de la veille citoyenne sur le FMDL, le contrôle citoyen de l'action publique communale, le leadership des femmes et des jeunes, et le plaidoyer. C'est ainsi qu'il a organisé une rencontre avec les acteurs afin de tracer une feuille de route de la collaboration entre les membres intervenant dans la gouvernance de l'industrie extractive.

Pour le coordonnateur du RAJ, Daniel Da Hien, les OSC doivent connaître les actionnaires des sociétés minières.

Pendant deux jours, les participants ont passé en revue les différents domaines de leurs interventions et proposé des stratégies visant à accroître l'accès des communautés (surtout les femmes et les jeunes) au FMDL. « Nous ferons en sorte que l'Etat puisse savoir que les acteurs de la société civile engagés dans la gouvernance minière ont une approche développementale ; ils viennent pour contribuer », a indiqué le coordonnateur du RAJ, Daniel Da Hien.

« Un gain pour tous »

L'Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC), qui milite pour que la gestion des ressources minières apporte un changement positif dans le quotidien des femmes et jeunes du Burkina Faso, est un partenaire du RAJ. « Mon souhait est qu'à l'issue de cet atelier, nous parvenions à des résolutions constructives que nous allons ensemble porter à l'aboutissement ; c'est-à-dire la création d'un environnement favorable à la prise en compte des préoccupations des communautés locales pour un développement social et économique harmonieux », a formulé la directrice pays de l'EUMC, Fatimata Lankouandé.

Le président du réseau des maires des communes minières, Issaka Yaméogo.

Tout en saluant cette initiative, le président du réseau des maires des communes minières, Issaka Yaméogo, a indiqué que si ces recommandations sont mises en œuvre, « ce fonds minier est un gage du développement local et surtout durable ». Pour lui, la priorité des recommandations est l'application des textes prévus par la loi sur le nouveau code minier (en 2015). « Si nous arrivons à appliquer exhaustivement, vous verrez que c'est vraiment un gain pour tous. Ce sera un outil d'apaisement et de maintien de l'environnement social entre nous communautés et les sociétés minières », a-t-il affirmé.

La photo de famille.

L'ONG RAJ et les OSC intervenant dans la gouvernance minière ont décidé de multiplier ce genre de rencontre. « Nous allons faciliter les rencontres, accélérer la confiance et casser la méfiance entre les communautés et les sociétés minières, entre les sociétés minières et les OSC, et également entre les sociétés et l'Etat face aux pressions qu'elles subissent », a conclu Daniel Da Hien.

Cryspin Masneang Laoundiki
Lefaso.net

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Musique : Toksa, le rappeur dont le flow va s'exporter en France

Le Faso - Ven, 22/01/2021 - 22:01

Il est jeune mais sa voix pèse dans le milieu du rap burkinabè. Depuis quelques années, le rappeur fait son bonhomme de chemin. Il s'est imposé dans le showbiz burkinabè comme une valeur sure du rap au pays des Hommes intègres. Il n'hésite pas à casser les codes. Lui, c'est Toksa, à l'état civil Soubeiga Thimothée. Au 1er trimestre de l'année 2020, il a sorti son premier album. Malheureusement, l'opus est un peu noyé par la crise du Covid-19.

Peu importe, l'artiste ne perd pas espoir. Il multiplie les sorties. Les mélomanes kiffent sa musique. En début d'année 2021, il a participé au Soko festival à Ouagadougou. Là, sa fougue et sa richesse vocale sont remarquées par le jury. Il est retenu comme représentant du Burkina au Festival international de musiques universitaires de Belfort en France. L'artiste nous a rendu visite et a échangé avec nous sur ses projets, sa supposée relation avec l'artiste miss Tanya. Vidéo !

Dimitri OUEDRAOGO
Cryspin Laoudiki (Montage)
Bonaventure Paré (images)
Augustin Khan (réalisation)

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Élection de Joe Biden aux États-Unis : Une lueur d'espoir pour les communautés étrangères

Le Faso - Ven, 22/01/2021 - 21:09

A la suite des élections du 03 novembre 2020, Joe Biden a été installé ce mercredi 20 janvier 2021 comme 46e président des États-Unis. Quelles analyses et quelles peuvent être les attentes de la communauté africaine en général et burkinabè en particulier de cette nouvelle administration américaine ? Lefaso.net a recueilli pour vous les avis de quelques compatriotes burkinabè aux États-Unis.

Sauret Eric Daniel, Économétre

Pour ma part, les élections aux USA ont été aussi surprenantes tant sur la campagne que la procédure électorale parce que le langage du candidat-président était assez vulgaire et même inapproprié, pour ne pas dire hors de l'ordinaire du pays. Cette surprise a été plus tard une consternation quand le président sortant fustigeait la crédibilité des résultats, et après s'en ait suivi l'attaque du Sénat par des membres de l'extrême droite.

Même l'absence à l'investiture dénote le degré de discorde étant donné que cela n'a eu lieu seulement que 4 fois sur 46 présidents selon l'histoire des USA. Alors qu'ailleurs, certains médias africains labellisent les États-Unis de grande démocratie, ce qui est arrivé démontre le contraire. Au-delà d'avoir des institutions fortes comme Barack Obama le disait, l'homme Président doit aussi être compétent et d'une bonne volonté pour garantir la bonne gouvernance. Je relie cela au mal fondamental de l'Afrique.

Quand à l'élection du nouveau président, j'attends plus un élan de réconciliation et de suture plutôt que de revanche parce que quoi qu'on dise, il y a actuellement 2 fractions majeures, l'extrême droite et l'extrême gauche. En tant qu'immigré burkinabè, il serait très accablant de vivre les séquelles de discorde entre ces 2 fractions, en plus des difficultés originelles de la société américaine que sont le racisme, les disparités socio-économiques ou l'impact actuel de la pandémie du covid-19.

Hermann Lekinonne Some, président de l'Association des Burkinabè de New York.

C'est un soulagement pour nous de voir un changement de pouvoir et ce nouveau gouvernement dirigé par le président Joe Biden promet beaucoup de civilité et de compassion. Les décrets exécutifs déjà signés pour défaire ceux de l'ancien régime sont déjà promoteurs.

Notre communauté a besoin d'une relaxation et un adoucissement des lois d'immigration pour faciliter légalement notre intégration dans le système américain. Nous avons aussi besoin d'un accès aux ressources économiques tels que l'éducation à coût abordable, les aides et prêts éducatifs, les financement pour les affaires (prêt d'investissement et de business) et une ouverture et équité sur le marché de travail.

Nous avons surtout besoin de nous regrouper en coalition et créer un environnement propice à notre développement socio-économique. Notre union et notre solidarité feront notre force dans le système et avec ce gouvernement qui malgré leur bonne foi et leur programme de société promoteur reste un gouvernement politique avec des ambitions politiques. Que Dieu bénisse notre communauté et nous garde unis et solidaires pour notre salut.

Achid Maranathan DABIRE résident à New York

Pour commencer, je dirais que cette victoire du président Joe BIDEN est à féliciter. Nous avons vu comment il est resté humble face au président sortant Donald Trump. Et cette victoire consacre un changement de ton dans la politique américaine aussi bien entre les Américains eux mêmes qu'avec le reste du monde entier. Je dirais que c'est une très grande chance pour l'Amérique et même les Américains en question en général. Parce que politiquement, je pense que ça va changer la politique des États-Unis et ça va aussi donner une nouvelle vision des autres pays vis-à-vis des États-Unis.

Il faut dire que cette victoire apporte une lueur d'espoir à tous ces immigrants venus des quatre coins du monde, qui espèrent de meilleures conditions de vie. Mais aussi et surtout une régularisation de leurs statuts. Et nous ne pouvons que lui souhaiter plein succès.

Sibiri Nestor SAMNE, Communicateur.

D'emblée, je mentionne que chaque élection aux États-Unis m'a toujours donné l'immense joie de constater la maturité d'esprit des électeurs, leur autorité face aux candidats. Ainsi équipés, ils n'accordent la majorité de leur voix qu'à celui dont le programme politique séduit et attirent irrésistiblement selon l'idéologie de chacun. Ceci dit, l'élection de Joe Biden est l'expression de l'autorité du peuple américain qui lui confie leur gestion pour les quatre prochaines années. Succédant à un président atypique, aux habitudes nom conventionnelles, Joe Biden est certainement le centre de toutes les attentes de ses concitoyens un peu agacés par les exceptions gênantes de Donald Trump.

L'attente immédiate et unanime c'est l'efficacité dans la recherche de solutions à la pandémie du Covid-19 le grand malheur de l'année 2020. Les USA qui ont payé un lourd tribut voudraient voir leur président soulevé la canne de victoire, annoncer la fin de la folie ravageante de ce mal dont les impacts sur l'économie sont profonds.
Une autre attente est ce defi dont il a promis de relever pendant sa campagne : la question de l'immigration : sous l'ère trumpiste, la machine de l'immigration a connu des ralentis exceptionnels. Beaucoup de décisions ont joué négativement sur l'avancée des dossiers. Sur cette question, on attend de Joe Biden, la réalisation d'une de ses promesses de campagne qui est la relance de la machine au niveau du service de l'immigration.

Beaucoup pensent que sur le plan idéologique, Joe Biden est modéré. Un politicien avéré, il sera capable de gérer les crises internationales ; il fera montre d'un joueur diplomatique assez stratégique pour travailler à la réintégration de son pays dans les grandes organisations internationales. Ce qui contribuera à redonner au "vieux gendarme du monde", ses galons de gloire.

Jean François Zoungrana, assistant contrôleur financier

En tant qu'Immigrant aux Etats-Unis d'Amérique, mes attentes sur la nouvelle administration peuvent s'étaler sur deux points principaux : premièrement la cohésion sociale car sous le précédent régime, nous avons assisté à une augmentation des crimes raciaux ( noir vs blanc). Et une discrimination entre Américains et Immigrants. Nous avons assisté à des scènes où des immigrants ont demandé de repartir chez eux.

Les discriminations envers les immigrants ne se comptaient plus. Mon souhait est que ce nouveau régime arrive à pallier ce fléau grandissant. Le deuxième point, c'est le problème de l'immigration. Régulariser la situation de nombreux immigrants. Lever les sanctions et restrictions migratoires tels que le bannissement de voyage des immigrants venant de certains pays islamiques, ceci semble déjà être fait, et l'imposition de caution de pays tel que le Burkina Faso dans la demande de visa.

Propos recueillis par notre correspondant
Jean Compaoré pour Lefaso.net

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Commémoration de la Journée internationale de la femme : Le motif du pagne retenu dévoilé au public

Le Faso - Ven, 22/01/2021 - 20:31

Au cours d'une conférence de presse organisée, ce vendredi 22 janvier 2021, la directrice générale de la femme et du genre, Edwige Ninon Yaméogo/Sankara, a présenté le pagne retenu pour la commémoration de la journée consacrée à l'autre moitié du ciel afin d'éviter la contrefaçon.

Le choix du pagne imprimé unique retenu pour la commémoration du 8 mars 2021 est désormais connu. Pour la deuxième année consécutive, c'est le motif proposé par la société Ganitex ex Savatex qui a été retenu. Les couleurs jaune, verte olive et verte foncée colorieront le pagne imprimé retenu qui porte le thème national de la célébration : « Inclusion financière par le numérique pour un développement économique de la femme : Défis et perspectives ».

Le pagne de la commémoration est imprimé est trois couleurs

Ce pagne officiel porte également le logo du ministère qui a fait l'objet d'enregistrement auprès de l'organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). Contrairement aux années antérieures, le prestataire a aussi protégé le motif du pagne imprimé 2021 auprès de l'OAPI. Cela permettra d'éviter ou à défaut de réduire le phénomène de la contrefaçon qui constitue une gangrène sous nos cieux.

Pour la sélection du motif de pagne consacré à la célébration du 8 mars, le ministère de la Femme a lancé un appel à candidature pour la sélection d'un prestataire unique expérimenté pour la conception, la fabrication et la vente des pagnes imprimés. Ce processus a été entamé le 19 septembre 2019. « Aux termes dudit communiqué, le prestataire retenu devrait soumettre des motifs pour la commémoration de deux éditions de la journée internationale de la femme à savoir 2020 et 2021. C'est ainsi que la société Ganitex ex Savatex qui avait été retenue en 2020 a proposé au comité de sélection des motifs pour le 8 mars 2021. Ledit comité a retenu un motif unique », a expliqué la directrice générale de la femme et du genre, Edwige Yaméogo. La qualité du pagne (wax coton), la dimension du pagne, et la capacité de production du prestataire. C'est autour de ces critères que les candidats ont compéti. Pour le 8 mars 2021, le pagne coûte 5000 F CFA chez le fabricant.

Une vue des participants à la conférence de presse

Certains commerçants le revendront à coup sûr aux enchères une fois qu'il sera disponible sur le marché. Pour éviter la flambée des prix, la conférencière en appelle à une prise de conscience collective afin de permettre l'accessibilité à bon nombre de femmes.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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Rentrée fiscale 2021 : La Direction générale des impôts prévoit un recouvrement de près de 945 milliards de FCFA

Le Faso - Ven, 22/01/2021 - 20:03

La Direction générale des impôts (DGI) a effectué sa sixième rentrée fiscale, ce jeudi 21 janvier 2021 à Banfora, dans la région des Cascades. Cette rentrée fiscale s'est tenue sous le thème : « La digitalisation de la gestion domaniale, foncière et cadastrale pour une sécurisation foncière au service du contribuable ».

C'est la ville de Banfora, dans la région des Cascades, qui a abrité cette année, la conférence de presse marquant ainsi la rentrée fiscale 2021 de la Direction générale des impôts (DGI). Au cours de cette rencontre avec les professionnels des médias, le premier responsable de la DGI, Moumouni Lougué, a fait le point des réalisations phares de l'année écoulée et a présenté aussi les perspectives pour l'année 2021.

Selon le directeur général des impôts, l'année fiscale 2020 a été assez éprouvante pour les finances publiques, les contribuables et le personnel de la DGI. Ce, à cause de l'impact négatif de la situation sécuritaire et de la crise sanitaire due à la pandémie du Covid-19. Il a noté cependant que les efforts des agents de l'administration des impôts et le civisme fiscal de bon nombre de contribuables ont permis à la DGI de dépasser ses objectifs de recouvrement. « Sur une prévision annuelle de 843,88 milliards, 859,943 milliards de FCFA ont été recouvrés pour le budget de l'État soit un taux de réalisation de 101,9% », a-t-il laissé entendre.

À l'en croire, ces performances de recouvrement ont été atteintes grâce au dynamisme insufflé par l'équipe directoriale qui a effectué des tournées dans les treize régions du pays. Ces sorties ont permis de galvaniser les agents et apporter les réponses nécessaires aux difficultés auxquelles ces derniers faisaient face. Comme autres actions menées par la DGI, Moumouni Lougué a souligné la dématérialisation des procédures fiscales, la promotion du civisme fiscal, le renforcement de la lutte contre la fraude fiscale et l'amélioration de la gestion domaniale, foncière et cadastrale.

Le directeur général des impôts, Moumouni Lougué

Des innovations visant l'élargissement de l'assiette fiscale

Après ce bilan non exhaustif de la DGI en 2020, M. Lougué s'est attardé sur les nouvelles mesures fiscales. En effet, la loi de finances pour l'exécution du budget de l'État, exercice 2021, a introduit pour compter du 1er janvier 2021 dans le dispositif fiscal, des innovations.

Cela vise l'élargissement de l'assiette fiscale, l'amélioration du rendement de l'impôt, la promotion des téléprocédures et l'institution de faveurs fiscales. À ce titre, l'on peut citer l'institution de la Taxe sur les activités financières (TAF). Selon le conférencier, cette taxe est applicable aux opérations qui se rattachent aux activités bancaires, financières et d'une manière générale, au commerce des valeurs et de l'argent. « Cette taxe, en vigueur dans la plupart des pays membres de l'UEMOA, remplace la TVA pour ce qui concerne les activités financières », a-t-il expliqué.

Toutefois, il faut noter que la TVA reste dans le dispositif fiscal burkinabè et s'applique aux autres activités imposables. L'on peut retenir également la modification du 20 au 15 du mois des délais de déclarations et de paiement des impôts et taxes tels que la taxe sur la valeur ajoutée, la taxe sur les tabacs, la taxe sur les boissons, la taxe spécifique sur les entreprises de télécommunication, la taxe sur la parfumerie et les cosmétiques, etc.

2021 sera l'année des grands défis pour la DGI

L'année 2021 sera incontestablement celle des grands défis pour la DGI. Pour Moumouni Lougué, celle-ci devra s'atteler à mettre en œuvre les mesures nouvelles de la loi de finances et surtout, recouvrer environ 945 milliards de FCFA, soit plus de 100 milliards de plus qu'en 2020. « La tâche est laborieuse mais pas impossible avec le soutien de tous », s'est-il convaincu. Pour réussir ce challenge, il a invité ses collaborateurs à redoubler d'ardeur à la tâche, à réajuster leurs méthodes et leurs comportements.

« Il est certain que nous avons besoin de l'accompagnement de nos partenaires que sont les contribuables et tous les usagers de nos services. Ils consentent, déclarent et paient l'impôt. Nous sommes juste des facilitateurs dans ce processus et, en tant que tels, avons un devoir de bienveillance, d'encadrement et d'amélioration de nos prestations », a laissé entendre le DGI.

Le directeur général des impôts annonce des innovations pour améliorer l'assiette fiscale

C'est pourquoi, dit-il, cette année fiscale a été placée sous le signe de « la digitalisation de la gestion domaniale, foncière et cadastrale pour une sécurisation foncière au service du contribuable ». Ce thème se présente comme un des leviers essentiels des actions de maitrise de la fiscalité foncière et immobilière, afin de rendre le meilleur service au contribuable et améliorer les recouvrements des recettes fiscales pour le développement du Burkina Faso.

Sur la question de la gestion foncière, la DGI a pris la résolution cette année de l'intégrer suffisamment dans son processus de modernisation à travers la digitalisation de ses services domaniaux, fonciers et cadastraux. Ce, en vue d'une meilleure sécurisation des droits fonciers des contribuables. Pour Moumouni Lougué, les actions qui seront menées en 2021 seront essentiellement orientées vers l'amélioration du service au contribuable. Ainsi, elles seront concentrées sur deux axes majeurs à savoir la poursuite de la digitalisation et le renforcement de la communication sur les textes fiscaux et les procédures fiscales. [ Cliquez ici pour lire l'intégralité ]

Romuald Dofini
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Droits de l'enfant en contexte d'urgence au Burkina : Les journalistes outillés

Le Faso - Ven, 22/01/2021 - 19:55

En marge de la commémoration de la journée internationale de l'éducation, l'ONG Children Believe et ses partenaires ont organisé le jeudi 21 janvier 2021, un atelier de sensibilisation des journalistes sur la promotion et la protection des droits de l'enfant en contexte d'urgence. L'objectif était de renforcer leurs capacités et de faire d'eux des partenaires et alliés engagés.

Le monde entier commémore chaque 24 janvier la journée internationale de l'éducation. Cette journée a été instituée par l'Organisation des Nations-Unies (ONU) pour célébrer la contribution de l'éducation à la paix et au développement. Sa célébration au Burkina Faso intervient cette année dans un contexte marqué par l'insécurité et la pandémie du COVID-19. Et selon les chiffres officiels, suite à la crise sécuritaire actuelle, 2398 écoles ont été fermées et plus de 1 049 767 personnes sont déplacées dont plus de 60% sont des enfants.

Cette situation met à mal les droits à l'éducation, à la protection et à la participation et nécessite des actions urgentes, adéquates, concertées et coordonnées. C'est dans cette lancée que l'ONG Children Believe et ses partenaires ont entrepris, à travers cet atelier, de renforcer les capacités des hommes et femmes de médias sur la promotion et la protection des droits de l'enfant en contexte d'urgence, en vue de faire d'eux des partenaires et des alliés engagés.

Les participants

Pour la directrice Afrique de l'ouest de Children Believe, Christelle Kathoulé, il est important d'associer les professionnels des médias dans cette démarche en ce sens qu'ils sont les acteurs clés pour accélérer le changement et transformer les sociétés. À cet effet, les participants ont eu droit à une sensibilisation sur les droits, la protection et la participation de l'enfant.

Il a aussi été question de la présentation de l'approche recevabilité sensible à l'enfant et son impact dans la promotion des droits de l'enfant et la lutte contre les violences faites aux enfants. À ce propos, Dieudonné Ouédraogo, assistant chargé de programme au CGD, a indiqué que cette approche consiste à permettre aux enfants de participer à la prise de décision sur des choses qui les concernent.

Christelle Kathoulé, directrice Afrique de l'ouest de Children Believe.

De plus, Karim Sankara, l'administrateur du programme de protection de l'enfant à l'Unicef, a permis aux journalistes non seulement de connaître la place du système des Nations-Unies dans le renforcement de la protection des droits de l'enfant, mais aussi d'avoir une idée de la situation de l'enfant au Burkina Faso en matière de santé, de nutrition, et de l'éducation. Selon lui 56 % des enfants ne sont pas scolarisés au préscolaire et 53,2% de 6-11 ans soit 16 millions sont hors des écoles. Après avoir suivi avec intérêt les différentes communications, les participants sont sortis aguerris et près à développer des initiatives dans leurs différents organes en vue de promouvoir la protection de l'enfant.

Judith SANOU
Lefaso.net

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Burkina : Les acteurs du projet de promotion de l'hygiène et de l'assainissement tiennent leur 2e session du comité technique de suivi

Le Faso - Ven, 22/01/2021 - 19:45

Porté par les ONG Eau vive internationale et WaterAid, le projet de promotion de l'hygiène et de l'assainissement dans les régions du Centre-Sud, du Centre-Nord et du Nord a tenu ce 22 janvier 2021 à Ouagadougou, la 2e session du comité technique de suivi. La rencontre avait pour objectif de permettre aux acteurs d'échanger sur les résultats engrangés après 30 mois de mise en œuvre, relever les difficultés rencontrées et convenir ensemble des orientations à donner aux équipes du projet pour l'atteinte des objectifs.

Le projet de promotion de l'hygiène et de l'assainissement dans les régions du Centre-Sud, du Centre-Nord et du Nord vise à contribuer à améliorer durablement et équitablement l'accès aux services d'assainissement et d'eau potable des populations des trois régions concernées. C'est dans le but d'atteindre cet objectif fixé, qu'un comité de suivi a été mis en place, afin de réunir périodiquement les acteurs du projet pour des échanges sur l'avancée des activités.

La présente session du comité se tient à mi-parcours du projet, dont la mise en œuvre a débuté en juillet 2018.
Selon Yongo Nignan, représentant du consortium WaterAid et Eau vive internationale, plusieurs acquis tant dans les communautés que dans le milieu scolaire sont à mettre au compte du projet.

Yongo Nignan, directeur pays de Eau vive internationale, représentant du consortium

En effet, grâce aux activités menées, 708 villages ont été sensibilisés sur la fin de la défécation à l'air libre, 165.840 personnes ont eu accès à des services d'assainissement durable, 1255 artisans maçons ont été formés et équipés pour la construction des latrines, 15.600 personnes ont accès à des services d'eau potable par la réalisation de 52 forages, et 6.000 personnes vivant avec un handicap physique ont bénéficié de latrines améliorées. Aussi, 200.000 personnes ont été sensibilisées et ont adopté les bonnes pratiques et les mesures barrières de prévention contre le Covid-19 et 50 établissements scolaires ont vu leurs acteurs formés et équipés pour la promotion de la gestion hygiénique des menstrues.

Patiendé Jacques Nondjerma, directeur général de l'assainissement

Le directeur général de l'assainissement, Patiendé Jacques Nondjerma, président du comité technique de suivi, s'est réjoui de ces différentes réalisations qui ont permis de faire progresser le taux d'accès à l'assainissement de deux points dans les régions où le projet est mis en œuvre. Pour consolider ces différents acquis, il a recommandé la sensibilisation des populations pour une adhésion au projet et une bonne gestion des ouvrages réalisés.

Pour Delphine Ouédraogo, représentante de la Coopération suédoise qui assure le financement du projet, les résultats à mi-parcours sont appréciables. Elle a réaffirmé l'engagement de la Suède pour conduire le projet à terme jusqu'en 2023, avec un financement de plus de 5 milliards de FCFA. Delphine Ouédraogo a aussi salué la résilience des populations, car malgré la crise sécuritaire dans certaines régions couvertes par le projet, celui-ci se déroule normalement.

Vue des participants

Les travaux de la 2e session du comité technique vont permettre de recueillir les recommandations et orientations nécessaires pour réaménager ou apporter des retouches à certaines approches de travail, surtout avec la pandémie du Covid-19 qui impose des nouvelles façons de travailler.

Armelle Ouédraogo
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Assemblée nationale : vingt quatre députés suppléants valident leur mandat

Le Faso - Ven, 22/01/2021 - 19:19

La VIIIe législature continue son chemin. Après son ouverture le 28 décembre 2020 et la validation des mandats des 127 élus nationaux des législatives du 22 novembre 2020, c'est le tour des suppléants de prendre place à l'hémicycle. Leur mandat a été validé ce 22 janvier 2021 au cours d'une plénière.

Sous la présidence de Bala Sakandé, 24 députés suppléants, vêtus des écharpes aux couleurs nationales, ont pris leur siège au parlement. Ils siègent désormais comme parlementaires de la VIIIe législature. On enregistre dix suppléantes et quatorze suppléants.

Ainsi, la VIIIe législature enregistre au total dix neuf femmes. Ce qui fait au total 15% de femmes au parlement burkinabè sur les 127 élus nationaux.
On se souvient encore que la VIIe législature avait débuté le 30 décembre 2015 avec 13 femmes pour finir avec dix huit à la fin de la mandature, le 23 décembre 2020.

Les suppléants remplacent 24 élus titulaires qui ont décidé de céder leurs sièges pour deux raisons. [ Cliquez ici pour lire l'intégralité ]

E.K.S
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Cultures fruitières face au changement climatique au Burkina : « Si dans dix ans rien n'est fait, on court vers la catastrophe », avertit Dr Souleymane Nacro

Le Faso - Ven, 22/01/2021 - 18:36

Le réseau des chercheurs scientifiques a animé, le mercredi 20 janvier 2021 à l'Institut français de Ouagadougou, le 72e numéro de « maquis-science » sur l'impact du changement climatique sur le développement des ravageurs dans la filière fruitière (cas des mangues). Il a aussi proposé quelques solutions pour optimiser la production agricole au Burkina Faso. L'activité avait pour thème « Les cultures fruitières face au changement climatique : états des lieux et défis ».

La production de la mangue représente 60% de la production fruitière nationale. Cependant, elle fait face à de graves menaces : les ravageurs des fruits (qui sont des insectes nuisibles car leurs reproductions ou leurs alimentations affectent la qualité nutritionnelle et la valeur marchande des fruits), les maladies (dessèchement des manguiers) et l'érosion des sols. Les mouches de la mangue présentent un intérêt économique majeur car « une mangue piquée est une mangue perdue » dit-on souvent. Face à ce danger que court la filière, une étude d'investigation sur les manguiers a été menée.

À l'issue des investigations, il est ressorti qu'en temps de pluie, les dégâts sur certaines variétés comme « brousse et kate » peuvent atteindre 100%. Les variétés locales sont résistantes à ses insectes. La biologie du ravageur étant influencée par les facteurs climatiques (température, pluviométrie), le ravageur ne résiste pas à la période froide et sèche. Or cette année (2020), le Burkina n'a pratiquement pas eu de période froide, par conséquent cela a pu être un avantage pour les ravageurs.

Comment reconnaitre la présence de ces mouches fruitières sur la mangue ? Dr Issaka Zida est chercheur en gestion agroécologique des ravageurs des cultures. Il a expliqué que c'est suite à une piqûre que ces détracteurs déposent leurs œufs dans la mangue et par la suite d'autres agents pathogènes profitent de ce trou pour se développer et affecter le caractère esthétique de la mangue (mangues tachetée de noire). En plus des ravageurs, Oumarou Zoéyandé Dianda, docteur en science biologique appliquée option phytopathologie, a ajouté qu'il y a le dessèchement des manguiers, qui a d'ailleurs fait l'objet de sa thèse, qui constitue aussi une menace pour la filière fruitière.

Panélistes : (gauche à droite)Dr. Zoéyandé Oumarou Dianda, biologiste,option phytopathologie, Esther Dienderé, biochimiste et entrepreneuse, Karim Namoano, journaliste scientifique, Dr.Souleymane Nacro, entomologiste agricole, Issaka Zida, chercheur en gestion agroécologique des ravageurs des cultures, Razack Abdoul Belemgnegré, directeur du centre de formation en agroécologie et en agriculture biologique

Il a raconté que l'explosion de ce phénomène date de 2015 dans les provinces du Nahouri (région du Centre-Sud) et de la Sissili (région du Centre-Ouest), où des vergers ont été totalement dévastés. Selon ce spécialiste en phytopathologie, c'est une espèce de champignon qualifiée « d'agent pathogène opportuniste » qui est à l'origine de la mort des plants de manguier. Mais le manque des nutriments qui est la cause secondaire contribue à affaiblir le manguier pour que le champignon puisse prendre le dessus et le neutraliser.

Selon Esther Diendéré, biochimiste, micro-biologiste et entrepreneure, sur 12 modèles de jus qu'elle transforme, celui du jus de mangue occupe 40%, environ 10 tonnes de mangues par an. Elle a fait savoir que l'impact du changement climatique sur les mangues affecte considérablement le rendement et en quantité et en qualité car, dit-elle, « certains clients disent que s'il n'y a pas de jus de mangue ils ne vont pas prendre les autres jus. »

Quelles méthodes de lutte contre le dessèchement des manguiers ?

A ce niveau, Dr Dianda a fait un exposé assez conséquent. « Il y a la lutte chimique, biologique et la recherche des variétés résistantes. Avec l'apparition de ce phénomène nous avons préconisé à court terme l'utilisation des synthèses. Nous sommes partis du principe que c'est le champignon qui est le principal facteur, et les facteurs secondaires sont le manque de nutriment. Nous avons réunis des intrants pouvant améliorer l'état des plantes. Nous avons testé d'abord le fongicide sur le champignon au laboratoire, puis nous avons repéré les fongicides les plus efficaces pour les tester sur le terrain.

Sur le terrain nous avons procédé à deux types de traitement : souterrain et aérien. Au niveau souterrain, nous avons creusé une cuvette d'une profondeur d'environ 30 cm et nous y avons appliqué des intrants (le MPK pour la fertilisation, la deltaméthrine pour des cas d'attaques des insectes, à l'intérieur de la cuvette. Après nous avons rebouché légèrement la cuvette en y apportant 100 litres d'eau).

Au niveau aérien on a taillé jusqu'à 80% les parties desséchées (les branches mortes) qui sont ensuite brûlées parce qu'elles contiennent des pathogènes. Enfin, nous avons procédé à la préparation de la bouillie qui est une solution obtenue à partir du mélange de fongicide et d'eau. Nous avons pulvérisé cette bouillie sur toute la partie aérienne. Le traitement a été réalisé quatre fois avec un intervalle de deux semaines d'une séance à l'autre. Ce qui nous a permis de récupérer plus de 80% » a expliqué Dr Dianda.

Sauver la culture fruitière au Burkina

« Si dans dix ans rien n'est fait, on court vers la catastrophe », avertit Dr Souleymane Nacro, docteur en entomologie agricole. Pour lui, le dessèchement des plantes (manguiers, anacardiers, karitiers, etc.) prend de l'ampleur au Burkina Faso, d'où la nécessité de saisir le taureau par les cornes afin d'éviter le pire. C'est pourquoi, il a attiré l'attention des autorités en charge de l'Agriculture et de la Recherche à une synergie d'action afin de freiner la progression de la maladie. « Il faut prendre le taureau par les cornes et travailler ensemble. Il est urgent que l'Etat puisse accroître sa contribution au niveau du financement de la recherche » » a-t-il lancé.

Participants

À ce propos, il a préconisé de mettre en place un fonds de financement pour former les producteurs et faciliter les recherches. Il s'agit, selon Dr Nacro, de prélever des ressources sur les taxes d'exportation des fruits pour financer la recherche et la formation des acteurs depuis les petits producteurs jusqu'aux exportateurs. « On a besoin de créer de nouvelles variétés mais les ressources financières font défaut. Ce qui entraine souvent des frustrations au niveau des chercheurs », confie-t-il.

Dr Zida, quant à lui, a proposé de mettre en place des kits de détection pour détecter la présence des maladies. A l'entendre, les producteurs ont un sérieux problème : la méconnaissance des symptômes. De ce fait, il a expliqué que les producteurs partent prendre chez les pépiniéristes des plants déjà atteints par la maladie pour les mettre en terre, d'où l'urgence de former les producteurs.

En 2017, les ravageurs ont contribué à baisser la production fruitière par faute d'accompagnement, a indiqué Mme Diendéré. Pour elle quand on a l'accompagnement des bailleurs, la production augmente mais une fois terminée, on assiste à une baisse drastique de la production fruitière. Pour preuve, elle a témoigné que la quantité de 2016-2017 (90 000 tonnes) a été lamentable parce que les producteurs n'ont bénéficié d'aucun accompagnement. Par contre la période après 2017, qui a bénéficié de l'appui de l'Union européenne, la production a augmenté et les chiffres ont grimpé.

Quant à Abdoul Razack Belemgnegré, directeur du centre de formation en agro- écologie et en agriculture biologique, il a surtout invité les acteurs du monde fruitier à aller vers les informations les concernant. Il a expliqué qu'au Burkina ce qui est plus recommandé c'est la promotion des savoirs endogènes. A titre d'exemple, les « crottins d'âne » et la « bouillie de cendre » sont des savoirs locaux utilisés pour lutter contre les ravageurs.

Dofinitta Augustin Khan
Lefaso.net

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Importation d'alcools frelatés au Burkina : L'affliction se poursuit malgré l'interdiction

Le Faso - Ven, 22/01/2021 - 17:52

Le gouvernement burkinabè, à travers le ministère en charge du Commerce, a déclaré la "guerre" aux producteurs, importateurs, grossistes et détaillants en interdisant la vente des boissons frelatées néfastes pour la santé. Dans le communiqué du ministère datant du 6 septembre 2019, il informait les acteurs impliqués qu'ils s'exposeraient à des sanctions prévues par les textes en vigueur. Ceci, pour freiner ou stopper la consommation d'alcool et stupéfiants surtout en milieu scolaire. Mais la réalité du terrain est tout autre. Des revendeurs arrivent à faire toujours rentrer ces breuvages dangereux.

Sopal, lion d'or, roy, score, koutoukou, gnamarou, quimapousse, visa ou leader, flihter, glambo, gin, whisky, red, label, épéron, pastis, stricker, mangoustan, vin, bousculator et autres breuvages frelatés, sont les types de liqueurs qui tuent à petit feu la jeunesse burkinabè.

En plus du communiqué du ministère du Commerce, le Conseil des ministres en sa séance du mercredi 19 février 2020 a pris un décret rectificatif du décret n°2016-926/PRES/PM/MATDSI/MJDHPC/MENA du 03 octobre 2016, portant protection des domaines scolaires. L'adoption de ce décret modificatif, a expliqué en son temps le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Remi Fulgance Dandjinou, visait à renforcer la sécurisation des espaces scolaires et à garantir davantage la quiétude et la sérénité indispensables au bon déroulement des activités scolaires. Il s'agit de la prise en compte des questions liées au tabac, l'alcool et les stupéfiants en milieu scolaire. Malgré tous ces garde-fous, le mal persiste.

Une immersion entamée dans cet environnement nous a permis de comprendre, plus ou moins, comment fonctionne ce milieu frelaté. Nous avions pris notre premier bain aux environs de 9 heures un jour ouvrable dans un kiosque dans le quartier Bénogo, à Ouagadougou. Whisky, pastis, mangoustan, Alomon, gin en sachets, etc.

Voici ce que le tenancier sert à ses clients. Assis, chacun dans son coin, ils observent tous nos gestes. Les habitués du coin se connaissent, en effet. Il fallait user de stratagèmes pour se faire accepter dans ce milieu un peu fermé. Nous jouons alors à l'habitué consommateur. Nous réclamons deux boules de whisky avant même de prendre place, pour couper court à toute suspicion. Après avoir balayé discrètement de regard la manière dont les gens sont assis, nous prenons place à côté d'un client qui était seul sur un banc. La quarantaine bien sonnée, les yeux enfoncés, les lèvres rouges, il nous regarde d'un air interrogateur. Il demeure indifférent à notre bonjour et notre amabilité. Mais un avantage s'offre à nous.

Notre voisin a son verre presque vide. Nous en profitons lui offrir deux boules de pastis et la méfiance qui l'a vis-à-vis de nous s'est brisée. Notre stratégie a fonctionné. Il nous aborde et la discussion est lancée. « Merci beaucoup mon jeune frère. Que Dieu te bénisse », nous a-t-il lancé. Dans les échanges, nous comprenons qu'il était marié et père de deux enfants. Mais tout a basculé un jour.

Sa femme l'a quitté et disparu avec les enfants. Pour noyer sa peine, il s'est jeté dans l'alcool. Notre aventure est cependant stoppée avant même qu'il ne finisse son récit. La police a débarqué sur les lieux. Avant qu'on ne comprenne ce qui se passe, on était déjà encerclé. Le gérant est embarqué en premier et les autres, y compris nous. En route pour le commissariat, nous avions dû nous présenter pour échapper à la geôle ne serait-ce que pour 24 h.

C'est un secret de polichinelle. Les raisons évoquées par les consommateurs de ces liqueurs sont les soucis, la détresse, la pauvreté, la misère, le chômage, le plaisir, la mauvaise compagnie. Ce qui n'est pas sans conséquences sur leur santé. Selon le médecin généraliste, Dr Ahmed Sylla, les méfaits vont de la trouble neuropsychiatrique aux maladies de l'appareil digestif comme la cirrhose du foie, la pancréatite aigüe, le cancer de la bouche, du foie, du colon et de l'œsophage, etc. En plus de cela, il ne faut pas perdre de vue les répercussions sur le travail pour ceux qui en ont, la détérioration des rapports avec les membres de la famille.

Le circuit de ravitaillement ?

A Wayalghin, quelques semaines plus tard, avant le maquis « Compressor », se trouve un kiosque où l'on peut se gaver à volonté de ces boissons. Pour en savoir plus sur son lieu de ravitaillement, nous nous approchons de M. Wayalghin, le nom que nous avons choisi pour le gérant du kiosque de Wayalghin. Nous l'approchons en inventant une histoire qui nous avait été conseillée par notre rédaction, bien sûr après nous avoir fait servir une boule de cette boisson dangereuse. « Bonsoir. Dis-moi, j'ai un petit frère qui est revenu de la Côte d'Ivoire. Je voulais lui ouvrir un truc de ce genre pour l'occuper un peu mais je ne sais pas où trouver la marchandise. Est-ce que tu peux me donner un numéro ou m'indiquer un coin ? », lui avions demandé.

Il observe un silence avant d'indiquer une boutique située à droite, jouxtant le feu de Bénogo en allant à Saaba. « Là-bas tu trouveras tout ce que tu veux à des prix abordables », a-t-il ajouté. Combien coûte par exemple le carton de pastis ? avions-nous questionné. « Entre 8000 Fcfa. Le plus cher, si je ne me trompe pas coûte 12 000 Fcfa », indique M. Wayalghin. Nous continuons la conversation en lui demandant s'il trouve le business rentable. « Oui, moi en tout cas je m'en sors bien. C'est avec cela que je nourris ma famille et je scolarise mes enfants. Et c'est également dans ça que j'ai acheté ma moto », dit-il en guise de réponse. « Ok. Pas de souci. Je vais aller voir. Merci baucoup », avons nous conclu.

C'est sur ces échanges que nous prenons congé de M. Wayalghin pour nous rendre au lieu indiqué. Là, nous trouvons un homme d'un âge avancé. Après les salutations d'usage, nous lui faisons savoir qu'il nous a été recommandé parce que nous avions ouvert un kiosque et nous aimerions trouver quelqu'un pour nous ravitailler régulièrement. M. Bénogo (nom que nous lui avions donné) s'empresse de poser des questions sur l'identité de celui qui nous l'a recommandé : « C'est qui ? Comment il s'appelle ? ». Sa réaction ne nous surprend pas. C'est une logique du marché noir. Sans donner de nom, nous lui faisons savoir que la personne gère un Kiosque à Wayalghin. Cela suffit-il pour qu'il nous fasse confiance ? Difficile de répondre par l'affirmative.

Il acquiesce cependant : : « Ah ok. ok. Sinon que j'ai tout. Pastis, Eperon, Mangousta, gin en bouteille comme en sachet, koutoukou, gnamarou, quimapousse, etc. Il vous a déjà donné les prix ? » A la question sur les prix, nous répondons par l'affirmative. « Oui, oui, il m'a tout expliqué. Je repasserai la semaine prochaine pour me ravitailler. J'espère que chez vous il n'y a pas de rupture de stock ! » Il n'a visiblement pas aimé la dernière phrase de notre réponse.

« Mon ami, c'est la boisson que tu veux ou bien tu veux savoir comment je travaille ? » questionne-t-il, la mine renfrognée. Nous prenons immédiatement congé de lui en promettant de passer la semaine prochaine pour bien évidemment nous approvisionner...

En attendant, il continue d'approvisionner d'autres personnes, en dehors de tout cadre légal. Quand va-t-on parvenir à briser cette chaîne néfaste ?

M.O
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Décès de l'abbé Rodrigue Sanon : Le président Kaboré présente ses condoléances

Le Faso - Ven, 22/01/2021 - 17:45

C'est avec consternation que le président du Faso, sur sa page Facebook, dit avoir appris la mort tragique de l'abbé Rodrigue Sanon, curé le paroisse Notre Dame de Soubakaniedougou, dont le corps sans vie a été retrouvé jeudi 21 janvier 2021.

Il a exprimé sa compassion à l'Eglise catholique, à sa communauté diocésaine ainsi qu'à sa famille.

C'est avec consternation que j'ai appris la mort de l'Abbé Rodrigue Sanon, dont le corps sans vie à été retrouvé ce...

Publiée par Roch M.C. Kabore sur Vendredi 22 janvier 2021

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